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Weigel, Erhard

Lieux d'activité : Iéna


Notice biographique
: (Pfalz Sulzbach 1625-Iéna 1699). Scolastique réformé allemand, qui a oeuvré à une refondation de la métaphysique dans le cadre d'une "pansophie mathématique". Il fréquente le gymnase à Halle, où il s'intéresse surtout aux mathématiques et à l'astronomie, en 1647 il entre à l'université de Leipzig (Mag. art. en 1650). A partir de 1653, il enseigne les mathématiques à Iéna, mais traite aussi de questions philosophiques et théologiques, ce qui lui causa vite des problèmes graves en il dut faire une déclaration en 1658 de ne plus se mêler d'autre sujets, et son ouvrage Analysis Aristotelica a été interdit de vente à Iéna. En 1657, il devient mathématicien de la cour de Saxe, ce qui lui permet de fonder la "société pythagoricienne". En 1661/62, il est nommé directeur général des constructions, et il se consacre à de nombreux travaux architecturaux à Iéna. En 1661, il fonde un observatoire, et en 1668-1670 sa Weigeliana Domus, l'une des merveilles du monde de Iéan, avec un ascenceur, des conduites d'eau et un planétarium. Influencé par la pédagogie de Ratich et de Comenius, il fonde en 1689 une "Ecole de la Vertu" (Tugendschule), dont Christian Thomasius fit l'éloge après une visite. Il proposa une réforme du calendrier pour les protestants. En 1688, il fit partie du Conseil impérial à Vienne. En 1691, il entreprend un voyage en Hollande, qui aurait du l'amener en Angleterre auprès de la Royal Society, et en 1696 il voyage en Suède. Weigel fut trois fois recteur de l'université de Iéna, qui connut alors son épanouissement. La fin de sa vie est encore marquée par des disputes avec les théologiens et les autorités académiques, il exige déjà que des cours soient données en allemand (langue dont il se sert dans ses disputationes). Après sa mort en 1699, son successeur sera Georg Albert Hamberger, qui fut le maître de Christian Wolff. Parmi ses oeuvres, il faut surtout compter une Idea totius Encyclopediae Mathematico-Philosophicae (1672), qui constitue une réédition de son Analysis Aristotelica de 1658, les parties de son "encyclopédie pansophique" Universi corporis Pansophici Prodomus (1672/73), contenant surtout la théorie de la connaissance et Universi Corporis Pansophici Caput summum, contenant le plan d'ensemble; un essai mathématico-métaphysique, issu de la société pythagoricienne, Trectatys summum (1673); une partie éthique de la pansophie intitulée Arithmetische Beschreibung der Moral-Weissheit von Personen und Sachen (1674); un écrit qui popularisa l'idée de la spéculation mathématico-philosophique Von der Würckung des Gemüths/die man das Rechnen heisst (1684), un Compendium logisticae (1691), qui établit l'utilité des mathématiques pour toutes les sciences et enfin sa grande oeuvre de maturité, une Philosophia mathematica, Theologia naturalis solida (1693). Weigel se considérait comme un aristotélicien, en raison de l'importance que le Stagirite aurait accordé aux mathématiques et juge que sa méthode n'est autre que celle d'Euclide. On retrouve l'idal de Ramon Lull, sa pansophie mathématique se voulant un ars magna sciendi. Il fut aussi influencé par René Descartes, dans son anthropologie et sa cosmologie. On retrouve aussi des éléments occasionalistes. Il connaît les oeuvres anglaises de Francis Bacon, Thomas Hobbes et Robert Boyle. Ses écrits pansophiques révèlent une influence de J.A. Comenius, dont les travaux étaient largement utilisés à Iéna. Son influence est surtout due à ses manuels, qui furent utilisés dans de nombreuses académies du Nord-Est de l'Allemagne. Parmi ses élèves, on doit compter le mathématicien Johann Christoph Sturm (Altdorf), le pédagogue Christoph Semler, l'astronome Gottfried Kirch et Caspar Neumann, le professeur de Wolff à Breslau, ainsi que Johannes Hebenstreit et Georg Albert Hamberger, professeurs de Wolff à Iéna, mais surtout aussi le grand juriste Samuel Pufendorf, qui aurait constitué ses Elementa Jurisprudentiae à partir des cours de Weigel. G.W. Leibniz fréquenta les cours de Weigel en 1663, et reçu ses encouragements. A l'origine, il partageait l'idéal encyclopédique d'Alsted, Bisterfeld et Comenius, mais passa rapidement au projet d'une pansophie mathématique (vers 1672/73). Son épistémologie est "constructiviste": l'intellect est productif, et non contemplatif, la connaissance mathématique doit déboucher dans la construction effective des objets. L'élément déterminant reste à ce titre la mathématique, comme méthode fondamentale de toute philosophie, et il en étend considérablement les opérations : "nichts als wharhafftig Numerirn/addirn, substrahirn, multiplicirn und dividirn, sonst producirn und educirn, recommensurirn, proportionirn und resolvirn". Il envisage la constitution d'une "Hauptmathesis" qui traiterait des substances naturelles comm des choses civiles. La métaphysique est alors envisagée comme une étape préalable à la mathématique. Il estime que la métaphysique scolastique s'occupe seulement du modus concipiendi et non de la res, seulement des notionalia. Elle ne peut saisir les choses qu'abstraitement signate et non exercite, dans leur réalité concrète. Il veut ainsi refonder une métaphysique euclidienne susceptible d'appréhender la chose individuelle d'après des règles mathématiques. Dans la tradition de Timpler et de Comenius, Weigel considère également que l'objet de la métaphysique n'est pas l'étant mais l'objet le plus étendu possible, et il présente ainsi le Ding comme la traduction du quid, ou encore unumquodque (ein jedes Ding, alles). Il inclut donc aussi les déterminations négatives au côté des positives. Le problème kantien de l'introduction des grandeurs négatives est déjà résolu par Weigel. Il établit de nombreux critères pour différencier les différentes classes d'être. On pourrait presque être tenté de parler d'une métaphysique "vérificationniste". L'être n'est pas quelque chose de donné (comme encore chez Bisterfeld ou Comenius), mais ne peut être trouvé qu'en tant qu'il est posé, dans sa validité affirmée contre le "rien". La question ontologique moderne (pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien, formulée par Leibniz) est déjà bien posée chez Weigel. [d'après Leinsle].


Bibliographie

  • E. Spiess, Erhard Weigel, weiland Professor der Mathematik und Astronomie zu Jena, der Lehrer von Leibniz und Pufendorf. Ein Lebensbild aus der Universtäts- und Gelehrtengeschichte des 17. Jahrhunderts, gleichzeitig ein Beitrag zur Geschichte der Erfindungen sowie zur Geschichte der Pädagogik (Leipzig, 1881); W. Hestermeyer, Paedagogia mathematica. Idee eine universellen Mathematik als Grundlage der Menschenbildung in der Dialektik Erhard Weigels. Zugleich ein Beitrag zur Geschichte des pädagogischen Realismus des 17. Jahrhunderts (Paderborn, 1969); Wolfgang Röd, "Erhard Weigels Lehre von den entia moralia", Archiv für die Geschichte der Philosophie 51 (1969), 58-84; H. Schüling, Erhard Weigel. Materialien zur Erforschung seines Wirkens (Giessen, 1970); Ulrich Gottfried Leinsle, Reformversuche protestantischer Metaphysik im Zeitalter des Rationalismus (Augsburg, 1988), 63-87;

 

 

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