Ordre religieux
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Solerius, Joannes

Lieux d'activité : Alcala, Louvain, Bruxelles


Notice biographique
: (Barcelone 1534-Paris 1612), aussi Solarius ou Joan Lluch Soler (dans l'historiographie catalane). Théologien d'origine catalane, formé à l'origine dans le Tiers Ordre séculier, mais il semble qu'il ait quitté l'ordre à un moment indéterminé. Il a fait un bref passage à l'université d'Alcala, puis fut envoyé par son ordre dans les Flandres. Il enseigna alors la métaphysique et la théologie au Collège du Faucon à Louvain. Il y composa un commentaire à la Somme théologique de Thomas d'Aquin (Commentaria scholastica in primam partem divi Thomae (Bruxelles, 1564, apparemment sans réédition), sans doute contraint pour des raisons d'enseignement. Ce commentaire a toutes les apparences du classicisme académique, mais ce n'est qu'une apparence : très fier de ses origines catalanes, il vouait une admiration particulière au Bx Ramon Llull, et on en trouve les traces dans les Supplementa à cette Summa, publiés séparément, dans lesquels il tente de concilier la syllogistique aristotélicienne avec la combinatoire lullienne (il semble d'ailleurs que ce soit la lecture de ces catastrophiques Supplementa qui ait décidé Descartes à chercher une toute autre méthode. Il est à ce propos surprenant que l'Histoire du cartésianisme en Belgique de G. Monchamp ne mentionne pas Solarius). Il est vrai que les Supplementa sont un ouvrage assez rare: il s'agit en fait d'une reportatio de son enseignement oral, que son fidèle disciple Jacobus Germanicus, dit aussi Jacques de Bruxelles (bien que né à Constance, il a étudié au collège des Quatre-Nations à Paris, avant de suivre l'enseignement de Solarius à Louvain), a fait paraître à compte d'auteur à Douai en 1577. De sa période d'enseignement des arts, Solarius a laissé quelques intéressants opuscules, dont une Disputatio de latitudine formarum (Louvain, 1574, généralement reliée avec la Summa Counetiana). Grand connaisseur des langues classiques, il est également l'un des rares auteurs à avoir commenté le Liber de Causis durant l'époque moderne (Louvain, 1582). Il ne faut également pas oublier ses travaux, non moins étranges en son siècle, sur Boèce (commentaires de la Consolatio et du De hedomadibus, encore inédits, ms. 12686B de la Bibliothèque Royale de Bruxelles) - lesquels confirment un vif attrait pour le néoplatonisme. Ses spéculations sur l'hebdomade ont d'ailleurs donné matière à jaser. Qui était donc vraiment Solarius ? Pour certains, il était membre d'une secte rosicrucienne, ou d'une société plus secrète encore, infiltré à Louvain, une accusation que l'on trouve formulée fréquemment. Il est certain qu'il a régulièrement pris part aux séances de "pantographie", initiées à Louvain par un certain Paulus Cadentor, qui consistaient à trouver des liens secrets entre les oeuvres d'Aristote, d'Alain de Lille, de Thomas et de Duns Scot sous forme de table et de séries de lettres (il y a de toute évidence à nouveau une influence de la combinatoire lullienne à l'oeuvre ici). Il paraît d'ailleurs certain que ce sont les manuscrits (ainsi que les bouliers-compteurs) de Paulus Cadentor qui ont incité Juan Caramuel Lobkowitz, qui les a de toute évidence redécouverts lors de son passage à Louvain dans les années 1630-40, à développer sa Pantosophia et sa propre Pantographia (voir son Apparatus philosophicus, Cologne, 1665). On a également pu trouver des liens entre Solarius et la secte du Libre-Examen, qui fleurissait à l'époque à Bruxelles et se réunissait, selon divers témoignages, dans un bois non loin de l'abbaye de la Cambre. A la vérité, son néoplatonisme doit sans doute nous engager sur une autre piste, celle de la mystique rhénano-flamande. L'influence, attestée, sur sa pensée de l'opuscule anonyme Die deutsche theologie, ouvrage recommandé par Luther, incite à penser qu'il était en fait un crypto-protestant (tendance illuministe). C'est ce qui peut laisser à penser que lorsqu'il fut appelé à se participer à la commission qui condamna Michel de Bay (Baïus), son vote favorable à la condamnation de Baïus ait été une manoeuvre destinée à couper court aux tentatives catholiques de récupération de l'augustinisme. Comme beaucoup de professeurs de Louvain, Solarius était également examinateur synodal du diocèse de Malines et consulteur du Saint Office. En cette dernière fonction, il a clairement cherché à égarer le Saint-Office (archives du nonce apostolique des Pays-Bas espagnols, 1605, pièces 345-367, que le préfet de la Bibliothèque vaticane refuse désormais de communiquer). Solares aurait été alors une pièce maîtresse de la politique de la Contre-Contre-Réforme (hypothèse à recouper avec les origines de son élève, mentionné plus haut).

 

 

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